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Journaliste indépendant - Syndicaliste - Blogueur . Consultant Medias et Droits Humains


Chômage, sous-emploi: Paul Biya a-t-il répondu à Maurice Kamto?

Publié par Alex Gustave Azebaze sur 31 Décembre 2012, 22:50pm

Ces deux textes repris ci-dessus sont des extraits des messages de l'an de deux hommes politiques aux Camerounais, rendus public à 72h d'intervalle. Le premier, est celui de Maurice Kamto, chef du MRC date du 28 décembre 2012. Il a été peu diffusé dans les médias. Le second est du président Paul Biya, chef de l'Etat. Il date de ce soir, 31 décembre.

En les lisant attentivement on peut percevoir les nouvelles frontières du débat public camerounais. Bien que le premier n'ait pas été repris dans et par les médias en général - et électroniques, (Radio et télé) en particulier - ils offrent, l'un et l'autre, quelques clés pouvant structurer les axes de débat à l'orée des futures batailles politiques et et échéances électorales nationales.

Mais cela n'est possible, de manière équitable qu'à la condition que chacune des offres - ou perception - soit portée de manière instantanée à l'attention du public. C'est le rôle et la responsabilité des médias dans une démocratie pluraliste. C'est particulièrement particulièrement l'obligation des médias de service public (Sopecam, Crtv) qui, en tant qu'organe du service public, ont l'obligation d'assurer l'expression de toutes les sensibilités politiques, sociales et culturelles du pays. Afin qu'ainsi ce public de citoyens présumés, que chacun des deux responsables politiques, appelle à s'inscrire sur les listes électorales, pour participer au jeu démocratique pacifique, puisse alors se déterminer en connaissance de cause.

AGA

Maurice KAMTO à propos du chômage: "Ce phénomène [sous-emploi, ndlr] concerne 81,4% d’actifs occupés dans le secteur informel agricole contre 20,0%dans le secteur privé formel et 12,3% dans le secteur public. Le Gouvernement doit expliquer clairement aux Camerounais comment, et dans quel délai, il entend inverser cette courbe dangereuse."

" (...) Mes chers compatriotes,

Dans 45 jours on célèbrera la Fête de la Jeunesse. Comme chaque année, on rappellera que la Jeunesse est l’avenir du pays, le fer de lance de la nation. Mais comme chacun le voit notre Jeunesse est devenue un avenir sans horizon ; c’est une lance dont la pointe s’est cassée.

Nous devons nous poser la question. Qu’a-t-on fait pour que notre Jeunesse n’ait d’autre perspective que l’absence d’emplois, le chômage déguisé, la fuite éperdue vers l’étranger dans la désespérance qui la conduit à aller se noyer dans les flots des océans du monde ?

L’offre d’éducation et de formation s’est accrue grâce notamment à la contribution remarquable de l’enseignement privé confessionnel et laïc. Mais, désordre et laxisme se sont installés. Hormis quelques points lumineux, la qualité de l’enseignement s’est effondrée, n’offrant au pays qu’une jeunesse parfois surdiplômée, mais de manière générale insuffisamment préparée pour faire face aux défis multiformes auxquels est et sera confrontée notre Nation.

Le chômage endémique de la population active, en particulier des jeunes est la plus grave des menaces pour la stabilité et l’avenir économique du pays. On ne peut plus fermer les yeux devant un tel fléau, ni l’aborder sans imagination ou avec résignation. Selon l’Institut National de la Statistique, le sous-emploi invisible, touche 63,7% des actifs occupés, particulièrement les femmes. Les femmes en activité sont à concurrence de 71,8% dans cette situation contre 56,3% d’hommes. Ce phénomène concerne 81,4% d’actifs occupés dans le secteur informel agricole contre 20,0%dans le secteur privé formel et 12,3% dans le secteur public.

Le Gouvernement doit expliquer clairement aux Camerounais comment, et dans quel délai, il entend inverser cette courbe dangereuse. A cet égard il doit s’engager à fournir au moins trimestriellement des statistiques fiables sur la création des emplois et le taux de chômage réel dans le pays. (...)" Extrait du message de nouvel an du Professeur Kamto aux Camerounais, 28 décembre 2012

Paul Biya à propos de la resorption du chômage: "Créer des emplois, tel est notre souci permanent. L’Etat fait sa part en intégrant de nombreux jeunes dans la fonction publique et les forces de sécurité. La relance de la croissance que nous connaissons a déjà amorcé une certaine reprise de l’emploi"

(...) Reste l’agriculture, notre principale richesse. Au comice d’Ebolowa, j’ai exposé les grands axes de ce qui devrait être une véritable « révolution agricole ». Je n’ignore pas que le sujet est complexe tant en raison de l’importance de la population concernée que du nombre de problèmes à résoudre. Mais je sais aussi que l’agriculture est l’atout maître pour assurer définitivement notre développement. C’est pourquoi nous devons à tout prix mener notre révolution agricole à bon terme. Il nous faudra pour cela moderniser nos méthodes, mieux former nos agriculteurs, tirer parti du progrès scientifique, trouver des financements innovants, en d’autres termes, passer à l’agriculture de seconde génération. Nous pourrons ainsi non seulement consolider notre autosuffisance alimentaire mais aussi transformer nos matières premières agricoles, exporter nos produits, réduire nos importations de certaines denrées et enfin créer des dizaines de milliers d’emplois.

Créer des emplois, tel est notre souci permanent. L’Etat fait sa part en intégrant de nombreux jeunes dans la fonction publique et les forces de sécurité. La relance de la croissance que nous connaissons a déjà amorcé une certaine reprise de l’emploi. A titre indicatif et selon les statistiques disponibles, pour l’année 2012, l’économie camerounaise a créé près de 160 000 emplois dans le secteur moderne. Il est permis d’espérer qu’avec l’accélération de l’activité économique, le mouvement s’amplifiera. Je n’ignore pas que le problème est particulièrement aigu pour les jeunes, diplômés ou non. C’est pourquoi dans la réforme de notre système éducatif l’accent est mis sur la professionnalisation. (...) " Extrait du message du Nouvel an du président Biya aux Camerounais, 31 décembre 2012

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