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Journaliste indépendant - Syndicaliste - Blogueur . Consultant Medias et Droits Humains


Cameroun: des Etats Généraux de la Com pour mieux limiter l'expression libre?

Publié par azedjogus sur 1 Décembre 2012, 16:49pm

Cameroun: des Etats Généraux de la Com pour mieux limiter l'expression libre?

L'idée en soi n'était pas mauvaise: faire une sorte de revue de l'activité du secteur médiatique camerounais, un peu plus de 20 ans après sa formelle libéralisation par la loi organique de décembre 199! Quel citoyen informé, qui plus est, un professionnel des médias éprouvé et aguerri, pouvait ne pas le vouloir?

Plus. Cela faisait environ 20 ans - exactement 18 - que le dernier forum du secteur, avec pratiquement la même appelation - Etats Généraux de la Presse- s'était achevé à Yaoundé en 1994. Avec les malentendus qui opposaient d'une part la société aux pouvoirs publics et praticiens de ce secteur; d'autre part les praticiens de ce secteur aux pouvoirs, parfois les trois à la fois, l'on se demandait toujours, mezza voce, si la structure encadrant et/ou gouvernant au Cameroun l'expression publique en général et l'activité médiatique professionnelle en particulier, en était les produits! Ou plutôt les victimes. Las!

On s'est dit, que faute de réponses tranchées, - tant les acteurs non institutionnels les plus connus, qui marquèrent le forum de 1994 mais aussi l'espace discurisf pré-législatif de 1990, à l'instar des Pius Njawe, Pr Gabriel Nlep et, autre, Claude Ondobo, ont été depuis longtemps appelés à l'éternité, - que les acteurs institutionnels vivants, à l'instar des Jacques Fame Ndongo, - l'alors Directeur de l'Esstic et Conseiller présidentiel pour la Communication - ; du Pr Augistin Kontchou, - ex Directeur de l'école des cadres de l'Unc/Rdpc puis ministre de la Communication -; et Paul Biya himself, - le chef de l'Etat et dépositiare exclusif de l'initiative législtaive -, etc, tous encore en place, tireraient les enseignements pour la solidité future du système national de la Communication sociale. Oui lorsque de plusieurs clics, on aperçut récemment, sur le site public www.egc.mincom.cm dédié aux Etats généraux de la communication de 2012, que le questionnement semblait porter sur la stratégie nationale pour performer les cadres institués à l'issue des réflexions des années 1990/2000, on se mit à prédire une sorte d'évolution positive en vue.

Et puis patatras! Sous fond de dénonciation par le SNJC, - le principal syndicat du secteur médiatique national -, de la préparation verrouillée par l'administration gouvernementale de l'échéance de 2012, une décision arrêtant cette semaine la composition du Comité Scientifique des dits Etats- Généraux finit ainisi de désillusionner les plus optimistes dont nous voulions en être. Oui, en portant à la tête de ce Comité fort surchargé M. Jacques Fame Ndongo, celui-là dont la légende dit qu'il est, sous la bienveillance du président Paul Biya, le maître d'oeuvre, que dire l'architecte, du système bâtard actuel de l'activité médiatique et communicationnele nationale depuis bientôt 20 ans, en tant que principal conseiller technique et politique du chef de l'Etat dans ce domaine, nos dernières illusions se sont envolées.

Comment en effet, peut-imaginer en 2012, que l'architecte du système inégal et illégal de "la tolérance administrative" - une technique politico-administartive inventée pour éviter le plus légalement du monde de faire appliquer de manière égale à tous les citoyens et entrepreneurs du secteur les textes et réglements publics en matière de communication sociale en général, - et de l'audiovisuel en général -, peut conduire scientifiquement, voire favoriser la réforme vers plus de modernité et d'efficacité économique et professionnelle d'un secteur fortement politisé dans une démocratie pluripartite visiblement en récul? Qui peut croire, qu'en enfermant la préparation des dits Etats-Généraux de la communication, dans une démarche essentiellement administrative, que dire vélléitaire, plutôt que d'en faire une démarche politique ouverte, inclusive et participative à tous les courants de pensée dans une société formellement pluraliste, le pouvoir camerounais voudrait ainsi developper les possibilités de consensus raisonné et raisonnable sur une plateforme d'expression collective et individuelle sur le devenir collectif national? Qui peut, au moment où des organisations de défense de la liberté d'expression - dont certaines à l'instar du CPJ, PEN et Internet Sans Frontièresont saisi le Conseil des droits de l'homme de l'ONU de leur trouble par rapport à la situation camerounaise - s'inquiètent des reculs de la liberté d'expression dans ce pays qu'en procédant ainsi, quels que soien les intellectuels et professionnels d'ici et d'ailleurs qui seront réunis au Palais des Congrès de Yaoundé, qu'on veuille effectivement structurer un espace d'expression plus libre, indépendant et responsable pour les médias au Cameroun?

En essayant de toute son intelligence de marginaliser les organisations représentatives du secteur ou celles critiques sur la gestion politique de ces libertés (expression et opinion), pour recourir aux individus à l'expertise professionnelle supposée reconnue, là où il s'agit d'une question politique centrale, le pouvoir camerounais ne se donne pas les moyens de sortir le secteur par le haut comme le prétend pourtant si noblément l'exposé des motifs des Etats-Généraux de la Communication de 2012. C'est dommage car, on se perd ainsi de l'utile temps et d'importantes ressources qui ne produiront pas un système reconnu par la communauté universelle des droits civils et politiques.

Alex Gustave Azebaze

Cameroun: des Etats Généraux de la Com pour mieux limiter l'expression libre?

Comment en effet, peut-imaginer en 2012, que l'architecte du système inégal et illégal de "la tolérance administrative" - une technique politico-administartive inventée pour éviter le plus légalement du monde de faire appliquer de manière égale à tous les citoyens et entrepreneurs du secteur les textes et réglements publics en matière de communication sociale en général, - et de l'audiovisuel en général -, peut conduire scientifiquement, voire favoriser la réforme vers plus de modernité et d'efficacité économique et professionnelle d'un secteur fortement politisé dans une démocratie pluripartite visiblement en récul?

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